🗞 News

Imparato dans la Tribune

Damien

2 mai 2020

Imparato dans la Tribune

Imparato à l'honneur dans la Tribune

Le 24 Avril 2020

Développée par la start-up Dacotha, basée à Marseille, cette application permet aux comédiens amateurs ou professionnels d'apprendre leur texte de théâtre via le téléphone. Si François Berléand se revendique déjà comme un adepte, les amateurs représentent un potentiel de clients beaucoup plus large. Il reste cependant à trouver le bon modèle économique.
Passionné de théâtre, Damien Vincent adore autant monter sur scène qu'il déteste apprendre ses textes. "En plus, il est difficile de travailler seul donc je passais mon temps à embêter ma femme ou mes enfants pour qu'ils me donnent la république", raconte cet informaticien de carrière. En 2016, il décide de développer, via la société ad hoc Dacotha, l'application Imparato. Un mot que l'on peut traduire de l'italien par "appris" ou "retenu" et un clin d'œil à l'expression "une italienne" qui dans le théâtre désigne les répartitions sans intonations faites pour apprendre son texte.
Car c'est pour cela que sert l'outil mis au point par Damien Vincent. "L'application prend les répliques d'une œuvre et les répète, sauf celles du comédien qui s'entraîne", détaille-t-il. "Cela permet de gagner en autonomie et d'apprendre plus rapidement", ajoute-t-il. Imparato propose plus de 400 textes tombés dans le domaine public, allant de Molière à Eugène Labiche, et offre la possibilité d'y télécharger ses propres textes sous forme de PDF. Ceux-ci ne sont consultables que par la personne qui les a téléchargés ou peuvent se partager avec les autres comédiens de la pièce.

La voix synthétique, idéale pour une italienne

L'application se charge d'identifier les différents personnages, les répliques et les didascalies. "Il y a encore certaines coquilles donc nous demandons aux utilisateurs de les signaler pour nous aider", reconnaît Damien Vincent. Ensuite, il suffit d'indiquer le protagoniste à jouer pour se lancer dans une italienne. Certains paramétrages sont possibles comme ralentir la voix, enchaîner les dialogues en secouant son téléphone ou stocker les textes pour pouvoir s'entraîner même sans réseau.
"C'est une voix synthétique qui donne la république, ce qui est un avantage car il faut une intonation neutre pour apprendre. Mais certains comédiens nous ont dit qu'ils souhaitaient avoir des intentions afin de s'entraîner une fois qu'ils connaissent mieux leur texte. Nous travaillons donc sur une fonction pour enregistrer les répliques entre comédiens afin d'utiliser ces extraits audios lors de la répétition", détaille Damien Vincent.

Un business model à adapter

Autre sujet en cours de réflexion, celui du business model. Actuellement il se base sur un abonnement pour chaque utilisateur par mois ou par an. Le Cours Florent est également un partenaire depuis deux ans alors que des discussions sont menées avec l'école régionale des comédiens (ERAC) à Marseille. "Nous

réfléchissions à passer à de l'achat à l'acte ou sur des périodes car il y a des besoins de troupes donc c'est plus pratique d'avoir une personne qui paie pour que plusieurs l'utilisent", avance le dirigeant.
Pour l'instant, Imparato revendique 18 000 comptes confirmés et entre 4 000 et 5 000 utilisateurs chaque mois dont 60 % d'amateurs. "Le marché est très fort sur ce segment", constate Damien Vincent. Une étude du ministère de la Culture datant de 2012 estime en effet qu'ils sont un million en France. Les professionnels restent également une cible. François Berléand s'est d'ailleurs revendiqué utilisateur sur RTL en février dernier. Des débuts encourageants, mais la commercialisation n'ayant débuté qu'à l'été 2019, et le covid-19 étant passé par là entraînant des annulations de spectacles, le chiffre d'affaires n'est pas encore stable.
Pas de quoi freiner les ambitions de Damien Vincent. A terme, l'usage de l'application pourrait s'étendre hors du monde de la culture, notamment pour se diriger vers l'enseignement. "Depuis le lancement nous remarquons que des étudiants en médecine s'en servent pour leurs oraux, on début on pensait qu'il s'agissait d'erreurs", s'étonne Damien Vincent. L'entrepreneur confie regarder ces nouvelles perspectives de près.